mercredi 11 février 2015

Native 01

Auteur : Gala de Spax 
Genre : Bit-Lit

Langue : Français
Pages : 324
Parution : 26 Juin 2012
Éditeur : Éditions Sharon Kena
Prix : 6,99€ (ebook)

Résumé :

Louna, une belle trentenaire un brin prétentieuse et caractérielle, mène une vie paisible jusqu'au jour où son père lui apprend qu'elle n'est pas une simple humaine. Elle a une particularité singulière et doit vivre avec, mais cette différence l'oblige à suivre un chemin qu'elle n'avait pas prévu d'emprunter... l'amour. À travers sa quête, Louna fait la connaissance de nouvelles espèces et traverse l'univers pour découvrir qui elle est vraiment.


Mon avis :

Bon, je dois vous avouer en toute franchise que je ne sais pas par où commencer... J’ai toujours des difficultés à écrire une chronique quand le livre ne m’a pas plu. C’est difficile d’ouvrir un ouvrage dans lequel un auteur a mis son âme, où il ou elle a passé des heures et des heures à écrire, relire et corriger, et de se dire : "Sérieux, j’ai vraiment pas aimé." C’est pourquoi je tiens à préciser que je fais cette chronique sans aucun manque de respect envers Gala de Spax et son travail.

Louna est une jeune femme ordinaire de trente ans, qui apparemment accumule les aventures d’un soir, en pince sérieusement pour le fils de son boss, a une demi-sœur bien plus sage qu’elle, un beau-père qu’elle adore et qui le lui rend bien et une mère distante. Jusque là, le personnage n’est pas si mal. Mais c’est quand la vérité commence à lui être annoncée que son attitude, ainsi que celle de pas mal de personnages d’ailleurs, vire.

Elle a apparemment commis plusieurs meurtres, tout ça sans s’en rendre compte, (les raisons de ce fait sont expliquées et sont acceptables), ce qui est le plus bizarre, c’est qu’à aucun moment elle n’a rien suspecté : les informations n’ont donc jamais dû dire où les faits se sont déroulés et qui était la victime. Le premier étant carrément invraisemblable, même si le deuxième est possible. La vraie question que je me suis posée à ce moment-là c’est : "Vu que ses parents savent ce qu’elle est, pourquoi ne pas lui avoir dit la vérité après le premier, au lieux d’attendre tout ce temps (et tous ces morts) ?"

Sa personnalité se révèle être celle d’une fille de la moitié de son âge, j’avoue que je m’attendais à plus de maturité de la part d’une jeune femme de trente ans. Elle fuit, elle hurle, elle se met en colère, elle pleure, elle juge tout et le monde, tout ça sans arrêt. Sans parler de l’égoïsme extrême dont elle fait preuve (la preuve ultime en étant G****** et celle qu’elle considère comme une grande amie J***) Elle ne semble même pas capable de véritable remord quand elle tue quelqu’un de totalement innocent, ce qui est carrément choquant.

Elle s’éprend pratiquement instantanément de Arakel, celui qui serait son "oncle", puisque le frère de son beau-père Patrice, qu’elle considère plus comme son véritable père qu’autre chose. Ce n’est pas ce qui m’a dérangée le plus (ils n’ont aucun lien de sang et elle ne l’avait jamais vu auparavant... et quoi qu’on en dise, la famille se forme aussi par la familiarité, que voulez-vous...)

Non, ce qui me défrise le plus, c’est qu’il la frappe, la traite de pute, croit tout savoir mieux qu’elle et la traite donc comme une gamine (oh là, ça fait un peu pédophile, après, vu leur relation... mince !) et SURTOUT il la viole lors de leur premier rapport. Il ne veut jamais parler de ses sentiments, parce que Arakel est UN HOMME UN VRAI. Et il pense que tout se résout par l’achat de bijoux.

Et pour l’anecdote, je suppose qu’on est censé considérer qu’il a été influencé par les coutumes des Irakiens, puisque c’est là qu’il habite (du moins c’est comme ça que j’ai essayé de m’expliquer pourquoi il traite Louna de pute quand elle est en jupe ou en robe courte) et plus tard dans le livre, Louna indique que lorsqu’ils sont en France, ils vont manger un croque-monsieur (oups ! quelqu’un de légèrement familier avec l’Irak sait que la première religion est l’Islam, donc pas de porc messieurs-dames, s’il vous plaît)

Je suppose qu’ils devaient avoir une sorte de relation de je-t’aime,-moi-non-plus, car Louna l’aime, puis il fait un truc grave et elle le traite de monstre, puis ils se réconcilient puis "rince-and-repeat" mais l’effet ne fonctionne pas du tout.

Un personnage qui ne m’a pas déplu, est celui que l’on voit dans le dernier quart du livre : Tonga. Il y avait eu une allusion à lui plus tôt mais il ne fait son apparition qu’assez tardivement. Je le trouve intéressant et il a un excellent sens de l’humour. Mais il est l’incarnation même du cliché du gay, et franchement à notre époque, il faudrait dépasser ça, quoi. On est pas dans la Cage aux folles.

Deux points qui m’ont vraiment parus très choquants et pas politiquement corrects du tout : la manière dont Louna juge les femmes musulmanes (plutôt superficielle et qui donne l’impression qu’elle ne connaît rien de l’Islam), mais surtout, surtout, la manière dont la question du viol est traitée, car le sujet revient, et il n’est pas traité de manière légère mais presque, et franchement quand Patrice s’en accuse comme si de rien n’était, tout ça dans le but de les éloigner l’un de l’autre, je n’en ai pas cru mes yeux.

Après m’avoir donné l’impression d’aller dans tous les sens à cause du style saccadé du récit, où il se passe beaucoup de choses d’un coup, puis après on s’attarde pour une longue période sur les personnages, avant de recommencer pas mal de fois. En dehors de ça, le style de l’auteur n’est pas particulièrement marquant.

L’univers développé est plutôt intéressant, j’ai été intriguée par la mythologie exposée au fur et à mesure, sur les Natifs et les événements qui ont amenés à la création des différentes galaxies, de la Terre et des humains et du rôle qu’ont développé les Natifs dans tout ça. Mais le reste dont j’ai déjà parlé m’a malheureusement ôté toute envie de m’y pencher plus avant. Dommage...



En conclusion, un ouvrage qui part un peu dans tous les sens, au rythme saccadé en ce qui concerne son récit, où on ne sait pas vraiment où l’auteur veut aller, et en arrivant à la fin, la seule chose que je me suis dite en pensant au personnage principal c’est "Oh, retour à la case départ (ou presque)..." Les personnages sont assez stéréotypés et n’ont pas la maturité d’adultes, on dirait plutôt des adolescents (et encore...) et certains clichés ou préjugés étaient franchement malvenus... Malgré un univers riche en potentiel (mais peut-être un peu trop riche en mythologie), je n’ai pas du tout accroché.

Malgré tout, tous mes remerciements aux Éditions Sharon Kena pour cette découverte dans le cadre de leur Masse Chronique !

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