vendredi 15 septembre 2017

La Veuve et la Lune

Auteur : Westley Diguet
Genre : Romance, Historique

Langue : Français
Pages : 260
Éditeur : Gloriana Éditions
Parution : 1 Juillet 2017
Format : Ebook
Prix : 3,99€ (Ebook), 15,00€ (Papier)

Résumé :

Personne n’aurait pu prévoir que Margareth Fawkes, fille d’un baron veuf et aimant, serait choisie par la reine Victoria pour épouser l’un des plus beaux partis du Royaume de Sa Gracieuse Majesté. Mais c’était sans compter sur l’esprit vif et indépendant de la jeune femme. Quand bien même le beau et riche Comte Edward Rosebury l’attire, elle se refuse à être réduite à un rôle d’épouse.
Quand plusieurs années plus tard, la jeune femme se retrouve veuve et esseulée, à une époque où les femmes vivent à travers l’homme, Margareth va devoir apprendre à surmonter son deuil sans oublier son amour perdu et faire le choix de la vie... Sur le point de perdre pied, il se pourrait que sa plus vieille amie lui vienne en aide.
Elle pensait qu’il n’y avait qu’un seul soleil, jusqu’à ce qu’elle le rencontre.

Mon avis :

Voici un livre plutôt court au premier abord, mais n’allez pas penser que l’intrigue ne sera pas suffisamment approfondie pour autant ! Sous ses abords de « petit livre » cet ouvrage saura vous démontrer des profondeurs inattendues...

Après une entrée en matière pour le moins originale du point de vue d’un personnage auquel on ne penserait pas, on se retrouve tout de suite jetés dans le triste présent de notre héroïne Margareth, qui est en plein deuil de son mari...

Entre flash-backs sur son enfance lors de son premier deuil, et la rencontre avec celui qui allait devenir son mari, l’auteur nous fait traverser les affres de la douleur que représente le deuil. Je dois avouer que l’un des meilleurs points de ce livre est la résonance que le deuil provoque. Tous ceux qui ont perdu des êtres chers ne pourront que ressentir la douleur de Margareth.

Tous les personnages sont développés et facilement reconnaissables, même s’il y en a plus qu’on pourrait croire au premier abord. J’ai trouvé tous leurs rapports particulièrement bien développés. La relation entre Margareth et son père a probablement été une de mes favorites. C’est un excellent homme, qui vit toujours le deuil de sa femme après toutes ces années, et en plus de cela qui est un très bon père. Ils sont proches l’un de l’autre et j’ai beaucoup aimé leurs rapports. Le personnel de maison lui-même n’est pas fantomatique et possède une véritable affection et respecte les personnes qu’ils servent, qui le leur rendent bien. Ils ne font pas tapisserie et ont leur propres opinions.

Alors, après, je ne sais pas si je donne dans les clichés que l’on associe habituellement aux Anglais, mais j’ai trouvé tout le monde limite un petit trop émotifs dans ce récit, excepté l’héroïne, ironiquement... Peut-être que l’image de stoïcisme que l’on se fait des britanniques est exagérée, mais même ainsi c’est l’impression que j’ai eue.

L’auteur nous emmène avec un style simple mais très détaillé au cœur de l’Angleterre du XIXème siècle. On ressent clairement toute l’affection que porte l’auteur à l’Histoire et il nous plonge efficacement mais sans jamais nous perdre dans les décors, les tenues et les personnages de l’époque. Petite touche que j’ai trouvé très intéressante, même si le récit est globalement écrit d’une manière qui fait très « récit classique », le texte contient de temps à autre des tournures qui sont très actuelles et rappelle qu’il a bien été écrit à notre époque. J’ai trouvé ça plutôt efficace, personnellement.

Alors, même si ce livre a su me toucher au cœur dans son côté tragique, malheureusement la romance n’a pas réussi à me conquérir et croyez-moi, j’en suis la première déçue ! La vérité, c’est que l’héroïne a des raisons parfaitement valables de ne pas vouloir accepter les avances d’Edward, mais au final, elle craint tout simplement de tomber sous son charme car c’est un bel homme qui a de belles manières et semble selon toutes apparences quelqu’un de bien. Et c’est là tout mon problème, elle a tellement peur de tomber sous son charme qu’à aucun moment elle n’apprend vraiment à le connaître. Elle, qui voulait à tout prix faire un mariage d’amour et non de convenances ou de raison, (comme celle qu’elle considère comme sa meilleure amie mais qui ne semble pas réellement l’être) ne semble pas vraiment se donner les moyens de le faire. Quant à Edward, eh bien désolée d’être brutale, mais c’est encore pire. Pour lui ça a été l’insta-love... Il l’a vue et boum ! le coup de foudre. Tant pis pour moi.

Le texte contient évidemment quelques petites choses qui pourraient heurter la sensibilité de certaines minorités. Cependant, il faut bien considérer le contexte de l’époque dans laquelle est censée se dérouler l’action. Donc, sont à prévoir : l’hétéro-normativité plus l’effacement des autres (a)sexualités. Et probablement d’autres choses que j’oublie ou qui ne me sautent pas aux yeux.

En extra, j’ai aussi trouvé qu’Edward avait une pensée particulièrement condescendante dans le chapitre 12. Ça m’a presque sortie de ma lecture, tellement j’ai trouvé que ce n’était pas son genre...


C’est un très beau récit sur le deuil, la place de la femme, même noble, au XIXème siècle et les conséquences de ce même veuvage. À la fin du récit, l’héroïne n’a pas encore terminé son deuil (mais le termine-t-on vraiment un jour ?) mais le chemin parcouru est clairement visible. Les romantiques seront séduits par l’histoire entre Magareth et Edward. Des lecteurs à la recherche d’un récit historique assez court mais plein d’émotions seront à leur article.

2 commentaires:

  1. Réponses
    1. J'ai beaucoup plus apprécié ce livre que je ne m'y attendais. C'était une bonne surprise ^^

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