jeudi 28 septembre 2017

Toutes griffes dehors: Préambule

Auteur : Maëlle Andals
Genre : Fantastique, Urban Fatasy.

Langue : Français
Pages : 92
Éditeur : Éditions Livresque
Parution : 15 septembre 2017
Format : Ebook 
Prix : 1,99€ (ebook), 11,90€ (papier)

Résumé :

Je m'appelle Luna, je suis une louve-garou et je fais partie de la garde rapprochée de la fille de notre alpha. Avant moi il n'y avait aucune femme qui occupait ce type de poste, pourtant nous sommes aussi fortes qu'eux et parfois même, plus efficaces.
Depuis des décennies, nous vivons en paix avec les vampires, seulement voilà, nous venons de subir une attaque par l’un d’entre eux. En temps normal, ils respectent les accords que nous avons instaurés.
Notre chef de meute vient donc de décider de renforcer la sécurité et je ne peux qu'être d'accord avec lui. Hors de question qu'une de ces sangsues s'en prenne à notre princesse.

J'ai oublié de vous dire, je suis teigneuse et j'ai une façon très personnelle d'obéir aux ordres... exactement ce qu'il faut pour les aventures qui nous attendent.

Mon avis :

Voilà un ouvrage que j’étais prête à adorer dès le résumé, et je suis un peu triste que ça n’ait pas été le cas...

Même si le résumé aurait dû me mettre la puce à l’oreille, je dois avouer que l’héroïne ne m’est que moyennement sympathique. Oh, ne vous méprenez pas, Luna est badass à souhait. Belle, plutôt intelligente, féminine mais plutôt féministe et elle sait botter des fesses. Qu’y a -t-il qu’on ne pourrait pas apprécier là-dedans ? Eh bien, plus que je n’aurai cru au premier abord. Elle semble être féministe et pourtant à part sa protégée, « la plupart des femmes [lui] donnent envie de leur vomir dessus. » Cette phrase m’a fait rouler des yeux avec un dédain que je n’ai pas pu retenir.

En plus de ça, Luna est l’incarnation du « special snowflake » comme disent nos amis anglo-saxons. Elle est bien consciente de sa place privilégiée dans la société puissamment patriarcale dans laquelle elle vit et on ignore pourquoi, elle a droit à ces « privilèges » dont aucune autre louve-garou ne jouit. Mais en plus, elle est plus dominante que n’importe quelle autre louve d’Europe... et comme si ça ne suffisait pas, elle a fait des formations auprès de personnes particulières pour acquérir des talents que personne dans son entourage ne semble avoir... Le plus surprenant, c’est qu’apparemment son boss les lui a payés sans même savoir ce qu’elle allait apprendre et encore moins avec qui... Okaaaaaayyyyyyy. Et elle est également arrogante, ce qui ne lui a pas fait gagner de points avec moi, et cette même arrogance la met d’ailleurs dans une situation assez gênante au cours du récit.

Malgré ses critiques envers la société garou, elle fait partie intégrante du système et ne semble pas réellement faire grand-chose pour essayer de faire changer quoi que ce soit. La société des loup-garous tient de celle des humains il y a plusieurs décennies de cela, où la place des femmes était « à la cuisine ». Comme l’héroïne le dit elle-même, ses collègues en plus d’être cruels, sont misogynes et homophobes. Tout un programme. Mais même si elle nous le dit, en fait, on ne voit rien dans le récit qui vienne vraiment soutenir ces propos.

Sa relation ambiguë avec son collègue Christophe n’est pas exempte des habituels clichés. C’est un connard mais il est super beau. Elle est attirée mais résiste parce qu’elle ne veut pas se soumettre... Je ne sais pas si je suis la seule à avoir eu cette impression, mais j’ai senti une étincelle bien plus intéressante quand elle a décrit Vitoria à son arrivée. Mais évidemment, celle-ci attire l’œil d’un autre loup-garou parce que malgré la mention de l’homophobie, tout le monde semble être hétéro là-dedans. (même si j’imagine que considérant l’ambiance médiévale de cette société, le placard doit être encore plus profond chez eux que chez les humains)

Autre point qui m’a un peu déçue : la révélation sur l’intrigue. Ouaip. Les raisons qui se cachent derrière tous ces événements étaient tellement basiques qu’une fois les principaux joueurs désignés, j’avais une assez bonne idée de ce qui se tramait. Ce qui me semble encore plus étonnant, c’est quel était l’intérêt des vampires qui étaient engagés dans cette stupide action contre les loup-garous. On n’a pas vraiment l’impression que les enjeux politiques sont réellement graves et pourtant je pense qu’ils auraient dû l’être. On nous explique que la paix a été durement acquise et que les relations sont assez tendues en général, et j’aurais cru qu’on ressentirait plus le risque d’une nouvelle guerre si leur implication était prouvée. En gros, j’ai trouvé les enjeux plutôt légers.

Au cours de ma lecture, j’ai senti quelque chose me titiller sans réussir à mettre la main dessus. Puis au bout de plusieurs chapitres (oui, parfois je suis longue à la détente) j’ai fini par savoir ce qui me gênait... Le récit est raconté littéralement à tous les temps de la conjugaison et mon cerveau semblait se déconnecter du récit à cause de ces changements irréguliers totalement illogiques. Parfois, le texte est au présent, puis à l’imparfait et au passé simple. Les diverses fautes de conjugaisons, d’orthographe et autres m’ont également fait tiquer (je sais, je suis pointilleuse sur ce genre de choses, mais il y en a quand même pas mal...)

Sinon, j’ai trouvé le récit assez fluide, le style de l’auteure facile à suivre et les scènes de combat aisées à imaginer. Le récit est court, probablement trop court, mais il faut admettre que la plupart des personnages sont plutôt peu étoffés, ce qui est probablement dû en partie à leur nombre, mais je n’ai réussi à vraiment m’attacher à aucun d’eux. Les méchants sont... clichés et facilement oubliables ? Comme je l’ai dit, l’enjeu était assez faible et il n’y avait pas de vrai grand « méchant » avec un terrible plan derrière tout ça, alors...

OK, me direz-vous, tu as détesté cette lecture ? Eh bien, après avoir écrit tout ça, je me rends compte que ma pensée est au final plus négative que lorsque j’ai commencé à écrire cette chronique. C’est assez intéressant des choses dont on se rend compte que lorsqu’on les met par écrit...

Mais il y a également des points intéressants dans ce récit ! J’ai apprécie la mythologie, même si pour l’instant nous n’avons pas eu le temps d’en savoir beaucoup. Si vous avez remarqué le nombre de pages, vous pouvez aisément comprendre pourquoi. J’ai trouvé les problèmes de procréations des garous très intéressants, mais d’un autre côté j’ai déjà mes propres théories. Vu qu’ils préfèrent ne pas faire entrer de sang neuf, je suppose que comme tous les groupes qui restent fermés les risques de consanguinité finissent toujours par produire leurs effets, même pour des créatures de la nuit qui ont des fabuleux pouvoirs de régénération... Enfin, ce n’est que mon avis. Je ne sais même pas si l’auteur va explorer ce sujet dans la suite de son récit ou non, mais c’est quelque chose qui m’a traversé l’esprit pendant ma lecture.

J’ai aimé la remise en question de la société garou à travers la position d’Emma, la protégée de Luna. Celle-ci, fille d’Alpha, bien que privilégiée à sa sa manière n’est également destinée qu’à être mariée pour faire des enfants. Et même si l’héroïne ne cache son avis sur le machisme, l’homophobie et autres intolérances, j’ai trouvé qu’Emma donnait une réelle dimension au problème de la place de la femme dans leur société.


Je ne pense pas être le public cible de ce livre, je n’ai pas beaucoup apprécié l’héroïne et l’intrigue ne m’a pas paru assez complexe, même si j’entrevois une mythologie intéressante et du potentiel pour la suite. Malgré mon avis personnel, je pense que les amateurs/trices d’héroïnes badass devraient trouver leur compte dans cette histoire. Luna est un personnage dont on sait au final peu de chose. Son entourage est encore peu étoffé mais semble intéressant, surtout la jeune Emma, dont je suis curieuse de connaître le destin. Si l’urban fantasy est votre truc, je pense également que cela vous plaira !

La série -  Toutes griffes dehors :
1. Préambule
2.? (À Paraître)
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